La pleine lune perturbe bien notre sommeil



Nuits agitées, sommeil moins profond et difficultés à tomber dans les bras de Morphée... C'est désormais prouvé : inconsciemment, nous sommes bel et bien troublés par la pleine lune.

Régénération des vampires, transformation des loups-garous, déclenchement des accouchements... La pleine lune porte son lot de folklore et d'idées fixes. Mais désormais, la légende selon laquelle elle affecte notre sommeil n'en est plus une. Une étude, publiée par des Suisses dans la revue scientifique Current Biology, le 25 juillet, le démontre pour la première fois.
La recherche était destinée, au départ, à mesurer les différences de sommeil selon le genre et l'âge.Elle a été menée entre 2000 et 2003, auprès d'une trentaine de volontaires, tous bons dormeurs. « Des années plus tard, nous étions attablés dans un bar par une nuit de pleine lune, et nous avons décidé par curiosité de réévaluer les résultats au regard des cycles de la lune. », s'amuse Sylvia Frey, l'une des auteurs de l'étude. Surprise : les résultats sont extrêmement significatifs.

Pendant quelques jours autour de la pleine lune, l'intensité du sommeil profond, le plus réparateur, diminue de 30 %. Les ondes cérébrales ne baissent pas autant que les autres nuits : notre cerveau se repose moins ! Les sujets mettent, en moyenne, 5 minutes de plus à s'endormir et la durée totale du sommeil est réduite de 20 minutes.

Une horloge interne

Grâce aux tests sanguins, les chercheurs de l'université de Bâle ont aussi découvert que la pleine lune influence la production de mélatonine, « l'hormone du sommeil ». Son taux est plus bas que d'habitude au moment du coucher. Or, « la mélatonine joue un rôle crucial dans le cycle veille-sommeil », rappelle Sylvia Frey. Libérée dès la tombée de la nuit pour faciliter l'endormissement, elle atteint un pic entre 2 et 4 h puis diminue pour préparer le réveil.

Comment expliquer un tel effet ? Tous les facteurs externes, comme la lumière, la température, ou le statut hormonal, ont été strictement contrôlés. Les « cobayes » ne voyaient pas la lune et ne connaissaient pas la phase de son cycle.

Pour l'instant, les chercheurs n'émettent que des hypothèses. Ils pensent à l'existence d'une horloge interne « circalunaire », réglée sur les cycles de la lune. De la même manière que nous possédons une horloge circadienne, basée sur 24 heures. « Cela pourrait être un vestige de temps très anciens », avance Sylvia Frey. Concernant le taux de mélatonine : « Les soirs de pleine lune, avant d'entrer dans le laboratoire, les volontaires auraient été exposés à plus de lumière... Leur rythme circadien a pu être bouleversé, d'où la plus faible production d'hormone du sommeil. »

Autre interrogation : pourquoi certaines personnes sont très sensibles à la pleine lune, et d'autres pas ? Le mystère n'est qu'en partie résolu...

Source: www.valenciennes.maville.com



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